LITTÉRATURE – Ta mort à moi (David Goudreault)

Marie-Maude Pranesh-Lopez est née avec un jumeau. On apprend très vite comment elle va mourir. En revanche le suspense est maintenu sur l’identité de son meurtrier (je ne vous mets pas au défi, je vous connais, vous seriez capable de trouver !).

Et ce qu’on ne sait pas non plus c’est ce qu’elle va faire de son existence mi-révoltée mi-désabusée.

Vous me voyez venir n’est-ce pas ?

« Enfant déjà, Marie-Maude souffrait d’une inextinguible soif d’absolu, une urgence d’enluminer la routine pour rendre le quotidien supportable. Le monde étant ce qu’il est, elle ne pouvait trouver l’extraordinaire qu’en elle-même. De feu de paille en feu de paille, à chercher des incendies, elle a tout enflammé autour d’elle. »

Si tous les hauts potentiels n’ont pas son parcours sulfureux (et heureusement pour le reste du monde !), il m’a semblé que les atypiques pouvaient se retrouver dans son intensité, son regard critique sur ce qui l’entoure, sa révolte, son envie de fuir et d’être là en même temps, sa violente unicité…

Florilèges :

« Mme Hélène est cool. Elle me demande toujours les réponses quand les autres les savent pas. Ils les savent pas souvent. Le monde est pas très intelligent en moyenne. Ma mère dit que je devrais être fière de ma mémoire, de mon unicité, mais ma mère arrive pas à voir que je suis une rejet, même quand c’est elle qui surveille la cour d’école. Elle dit que je suis à part, que je suis une enfant spéciale. Les guerres mondiales aussi sont spéciales. les vaches à deux têtes aussi sont spéciales. C’est poche d’être spéciale. »

« Sapiophile impénitent, Dimitri était amoureux de la tête de Marie-Maude. Puisque son visage et son corps y étaient attachés, il l’avait prise toute entière. Jamais il n’avait rencontré esprit aussi bouillonnant. Tourmenté évidemment, comme le sont tous les esprits de qualité, mais d’une vivacité unique. »

« Je voudrais fixer le soleil dans le blanc des yeux, brûler vive, vivre quelque chose d’incroyable pour vrai. Vivre à mort ! Peut-être que j’irai perdre la prochaine guerre mondiale, ou que je découvrirai l’origine des trous noirs intermédiaires, ou que je dompterai une meute de grizzlis pour protéger mon ermitage, ou que je serai la plus ravagée des prostituées de Los Angeles. Tout est possible, je me cherche encore. »

Quand j’ai rencontré l’auteur, David Goudreault, sur un plateau du salon du livre de Montréal et que je lui ai parlé de mes activités professionnelles, sa première question a été:

– Alors, est-ce que c’est crédible ?

Je vous en laisse juge. Moi j’ai adoré cette femme écorchée vive par la bêtise et l’absurdité du monde, qu’on ne peut appeler que de son nom complet tant un diminutif lui siérait mal.

Marie-Maude Pranesh-Lopez ! Tout un poème !

David Goudreault a le sens de la formule, du vocabulaire, ça part dans tous les sens sur les thématiques, le livre inclut des extraits de journaux, d’enquête, des notes de l’auteur… Un régal foisonnant de diversité!

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Bonne lecture !

 

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