Le syndrome de l’imposteur est-il forcément négatif ?

Photo tirée du site rediscoveryofme.com

Le syndrome de l’imposteur est cet état d’esprit paralysant caractérisé par un doute important sur ses propres capacités et l’attribution de toute réussite à la chance ou à des circonstances extérieures. Par ailleurs, la personne qui souffre d’un syndrome de l’imposteur vit avec l’anxiété permanente d’être « découverte »: « un jour ou l’autre, ils vont se rendre compte que je fais semblant, que je ne sais rien et que je ne suis pas compétent ».

D’où provient-il ?

Se sentir partiellement incompétent est parfaitement normal, par exemple lors de l’entrée dans un nouveau poste professionnel. Vous ne savez pas encore tout sur votre nouvel environnement, les partenaires, les produits ou services, la culture de l’entreprise. Toutes ces informations vous seront transmises petit à petit dans vos premières semaines.

Ça c’est l’explication habituellement acceptée par le 98%.

Dans le cas des surdoués, l’explication est un peu plus complexe: Les surdoués peuvent être réalistes et s’ils font preuve d’honnêteté, ils savent très bien ce qu’ils savent. Dans le sens qu’ils ont une bonne mesure de l’étendue de leur savoir sur les différents domaines qui les intéressent ou les ont intéressé.

Mais ce qui vient fausser la perception de cette mesure est l’extrême lucidité du surdoué. S’il a conscience de tout ce qu’il sait, il a également conscience, en creux, de tout ce qu’il ignore… et c’est abyssal. Conclusion: il ne sait rien ! (ou si peu que cela en devient négligeable)

Un autre regard sur le syndrome de l’imposteur

À partir de cette constatation, plusieurs stratégies sont envisageables:

  • se demander si le syndrome est un bon informateur ou un mauvais : en effet, il peut être l’indicateur d’un bas niveau de confiance en soi qui gagnerait à être questionné psychologiquement (à quoi sert-il? d’où vient-il? est-il utile de le conserver?)
  • ou au contraire, il pourrait être un indicateur rationnel très informatif qui indique que le surdoué n’a pas, dans ses connaissances, les ressources nécessaires pour être à son plein potentiel (connaissances, expériences, pratiques)
    • Dans le premier cas, réduire l’anxiété va passer par l’analyse de la confiance et de l’estime de soi
    • Dans le deuxième cas, par la mise en action vers l’acquisition des ressources manquantes (en suivant une formation par exemple)
  • en parallèle de cela, le surdoué aurait intérêt à « relativiser » intellectuellement sa perception de ce qu’il sait en faisant preuve de réalisme et d’honnêteté. En effet, conclure que son savoir est ridicule par rapport à l’étendue du savoir humain est une référence « absolue ». Alors que ce qui importe, en particulier dans le domaine du travail, c’est la mesure « relative » de ce savoir: combien je sais par rapport à
    • 1. ce que les autres experts savent
    • 2. ce que mon industrie demande
    • 3. ce que mon entreprise attend de moi.

Il y a fort à parier qu’il en sait déjà plus que la moyenne des autres intervenants, qu’il fait déjà des liens avec de nombreuses autres disciplines et que les pièces manquantes à son puzzle (s’il en manque) ne se trouvent qu’à quelques heures de lectures complémentaires.

Les Questions du Coach

Votre syndrome de l’imposteur est-il un allié ou un empêcheur de tourner en rond ?

Savez-vous distinguer la mesure absolue de votre savoir et sa mesure relative?

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